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vendredi 22 octobre 2010

HRW- Tunisie : Les voix des syndicats sont réduites au silence


Tunisie : Les voix des syndicats sont réduites au silence


Le gouvernement doit mettre fin aux restrictions arbitraires et aux poursuites engagées à l'encontre des activistes

Octobre 21, 2010

« Aucun pan de la société civile en Tunisie n'est épargné par la mainmise du gouvernement, pas même les syndicats ouvriers, dans la mesure où il s'agirait d'organisations critiquant le gouvernement. En employant des méthodes allant des machinations bureaucratiques à l'agression physique, le gouvernement tunisien tient de nombreux syndicats du pays sous sa coupe. »

Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch

(Tunis, le 21 octobre 2010) - Les autorités tunisiennes devraient mettre un terme aux restrictions arbitraires frappant les syndicats ouvriers et étudiants indépendants, a indiqué aujourd'hui Human Rights Watch dans un rapport paru ce jour. Le gouvernement a refusé de reconnaître de nombreux syndicats indépendants, les a empêchés de se rassembler pacifiquement et a injustement poursuivi leurs membres, en réduisant de manière effective l'espace de liberté d'action des syndicats placé hors du contrôle du gouvernement. Le gouvernement a nié une telle ingérence, mais les faits viennent contredire ces réfutations, a déclaré Human Rights Watch.

Le rapport de 62 pages, intitulé « The Price of Independence: Silencing Labor and Student Unions in Tunisia » (« Le prix de l'indépendance : les syndicats professionnels et étudiants sont réduits au silence en Tunisie »), atteste du système de contrôle strict que les autorités tunisiennes opèrent sur les syndicats et syndicalistes et souligne notamment la situation critique dans laquelle se trouvent les syndicats d'ouvriers, d'étudiants et de journalistes qui ont critiqué les politiques gouvernementales.

Le gouvernement a refusé de reconnaître des syndicats qui ont pourtant suivi la procédure d'inscription requise en vue de l'obtention d'un statut légal. D'autre part, il a empêché leurs membres de se réunir et d'organiser des rencontres ; et il a arrêté et détenu arbitrairement des syndicalistes parmi lesquels certains ont prétendu avoir été torturés par les forces de sécurité. Le gouvernement et ses alliés ont également intimidé des journalistes et orchestré le remplacement de la direction du syndicat des journalistes indépendants par un comité se composant exclusivement de sympathisants du gouvernement.

« Aucun pan de la société civile en Tunisie n'est épargné par la mainmise du gouvernement, pas même les syndicats ouvriers, dans la mesure où il s'agirait d'organisations critiquant le gouvernement », a indiqué Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. « En employant des méthodes allant des machinations bureaucratiques à l'agression physique, le gouvernement tunisien tient de nombreux syndicats du pays sous sa coupe. »

L'appel dans une affaire concernant des étudiants expulsés à la suite d'un sit-in pacifique sera porté le 21 octobre 2010 devant la cour d'appel de Monastir.

Le 6 octobre, le gouvernement tunisien a fourni une réponse détaillée à un mémorandum sur les activités syndicalistes soumis par Human Rights Watch. Human Rights Watch apprécie l'intérêt porté par le gouvernement aux questions soulevées dans son rapport, ainsi que l'opportunité de discuter des conclusions du rapport dans le cadre de réunions avec le gouvernement. Dans sa réponse reprise en intégralité dans le rapport, le gouvernement a affirmé son respect du droit à la liberté d'association. Il a indiqué que les syndicats doivent seulement respecter une procédure de notification pour leur inscription et que l'approbation gouvernementale n'est pas requise. Il a soutenu que les syndicats qui n'avaient pas été reconnus n'avaient jamais déposé les notifications obligatoires.

Le gouvernement a également contesté la qualification des faits donnée par Human Rights Watch relativement à la destitution du comité de direction du syndicat des journalistes indépendants ; et il a prétendu avoir poursuivi et emprisonné des syndicalistes étudiants pour des crimes de droit commun n'ayant aucun rapport avec leur militantisme syndical.

Le droit des citoyens à constituer librement des syndicats et à fonctionner indépendamment du contrôle du gouvernement est garanti par la Constitution tunisienne et le Code du travail. En pratique, Human Rights Watch a constaté que le gouvernement prive les syndicats indépendants de statut légal en refusant d'accuser réception de leurs documents de notification ; c'est ce qui s'est passé notamment pour le Syndicat des journalistes tunisiens en mai 2004 et pour la Confédération générale tunisienne du travail en février 2007. Dans les deux cas, le gouvernement prétend ne pas avoir eu connaissance du dépôt des documents, même si les membres fondateurs des syndicats ont déclaré qu'ils avaient remis ces documents en personne au Gouvernorat de Tunis et qu'ils avaient envoyé des copies supplémentaires par courrier recommandé. Les seuls syndicats ouvriers légalement inscrits en dehors de l'Union générale tunisienne du travail (confédération de tous les syndicats tunisiens) sont le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), ainsi que certains syndicats représentant par exemple les médecins, les pharmaciens et les ingénieurs.

« Le gouvernement semble s'opposer par principe à l'idée de voir des syndicats ouvriers indépendants qui fonctionneraient hors du contrôle du gouvernement », a déclaré Sarah Leah Whitson. « En refusant le statut légal à tout syndicat autre que le syndicat national, le gouvernement assure sa mainmise sur l'activité syndicaliste ».

L'expérience récente du Syndicat national des journalistes tunisiens est un exemple révélateur de l'ingérence du gouvernement intervenant dans le but de faire taire les voix critiques des syndicats. Fondé en syndicat indépendant en 2008, le SNJT aurait provoqué la colère du gouvernement en 2009 en publiant un rapport critique sur l'absence de liberté des médias et en refusant d'appuyer la réélection du président Zine el-Abidine Ben Ali.

Les journalistes syndicalistes ont décrit à Human Rights les manœuvres conduites par la suite par les forces pro-gouvernementales pour évincer les administrateurs indépendants du syndicat, pour faire pression sur les membres afin qu'ils signent une pétition demandant la tenue de nouvelles élections du comité de direction et pour organiser des élections en toute hâte, et ceci en totale violation du règlement du syndicat. Les membres pro-gouvernementaux ont gagné haut la main.

Dans sa réponse, le gouvernement soutient que les élections ont eu lieu conformément à la loi, citant une décision de justice confirmant la date des élections spéciales. Il a également nié avoir faire pression sur les journalistes pour qu'ils signent la pétition. Toutefois, Human Rights Watch a relaté plusieurs cas dans lesquels les journalistes ont été harcelés, intimidés et contraints à quitter leurs fonctions pour avoir résisté aux manœuvres visant à évincer la direction indépendante du syndicat.

« L'orchestration de la destitution du comité de direction du syndicat indépendant apparaissant comme une sanction à ses critiques à l'égard du gouvernement montre simplement jusqu'où le gouvernement est prêt à aller pour faire taire les voix contestataires », a indiqué Sarah Leah Whitson.

Les membres de l'Union générale des étudiants tunisiens ont également été pris sous le feu des mesures de répression du gouvernement. Les autorités tunisiennes ont persécuté, arrêté et prétendument torturé ses militants. Après une manifestation étudiante pacifique qui a eu lieu en octobre 2009 à l'université de Manouba, 17 étudiants ont été condamnés à des peines de prison allant d'un à trois ans, parfois à la suite de procès inéquitables. Les chefs d'accusation portaient sur la destruction de biens et des agressions mais aucune preuve manifeste n'a été présentée au tribunal à l'appui de ces charges.

Le gouvernement réfute la tenue de ces manifestations, bien qu'elles aient été couvertes par les médias.

Un certain nombre des défendeurs ont indiqué à Human Rights Watch que la police les avait torturés pendant leur détention. Le gouvernement conteste ces allégations, arguant du fait que le tribunal avait jugé que les plaintes pour torture ne justifiaient pas l'ouverture d'une enquête puisqu'aucun des étudiants n'avait déposé une demande d'examen médical. Toutefois, Monther El-Charni, l'un des avocats des étudiants, a dit à Human Rights Watch qu'il avait déposé une demande d'examen médical au nom des étudiants, laquelle demande a été ignorée par le tribunal.

Dans un autre épisode survenu en février 2010, le tribunal de première instance de Manouba a condamné cinq étudiants membres du syndicat à un an et huit mois de prison pour agression lors de sit-in organisés à la Faculté des sciences économiques de Mahdia en 2007 en signe de protestation à une interdiction frappant une assemblée générale qui devait se tenir avant les élections de l'UGET. Le gouvernement n'a présenté aucune preuve manifeste à l'appui de ces chefs d'accusation.

Les étudiants détenus prétendent que la police les a torturés et les a forcés à signer, sous la torture, des confessions fabriquées de toutes pièces, des allégations que le tribunal a refusé d'examiner. L'université a expulsé définitivement les étudiants et la police les a soumis par la suite à une surveillance étroite et les a arbitrairement détenus, pour au moins deux d'entre eux, à plusieurs reprises. En février 2009, les étudiants ont fait une grève de la faim pendant 58 jours pour protester contre leur expulsion. Leur appel est fixé au 21 octobre.

« En contrant les initiatives des étudiants désireux de s'organiser de manière indépendante, tout comme il le fait en adoptant une attitude répressive à l'égard de l'activité des syndicats ouvriers indépendants, le gouvernement montre sa détermination à étouffer les mouvements de protestation pacifiques là où ils se font jour », a conclu Sarah Leah Whitson.

Human Rights Watch a instamment demandé au gouvernement tunisien de :

  • s'assurer que le ministère de l'Intérieur veille à accepter toutes les demandes de constitution en syndicat, à en accuser réception et à reconnaître que le syndicat a été formé conformément à la loi tunisienne;
  • cesser la surveillance policière et le harcèlement des syndicalistes, à moins que l'activité criminelle ne soit dûment prouvée pour justifier de tels actes, et confirmer le droit à l'association et à la réunion des syndicalistes, y compris le droit d'organiser des événements publics sans immixtion de la police ou des agents de sécurité de l'état;
  • amender toutes les lois et règlementations tunisiennes pertinentes, y compris le Code du travail, pour se conformer aux exigences du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et politiques et de l'Organisation internationale du travail; supprimer notamment l'article 376 du code qui exige l'approbation du syndicat central avant qu'un syndicat puisse faire grève;
  • diligenter de façon prompte et impartiale des enquêtes sur toutes les allégations de torture ou de mauvais traitement sur des syndicalistes par des agents de sécurité ou des représentants des forces publiques; poursuivre dans toute la mesure autorisée par la loi, devant un tribunal respectant les normes internationales en matière de procès équitable, tout fonctionnaire qui, preuves à l'appui, a ordonné, réalisé ou accepté la torture ou le mauvais traitement;
  • s'assurer que tous les procès, y compris ceux des syndicalistes, respectent les normes internationales en matière de procès équitable, y compris la liberté d'accès aux tribunaux, la divulgation complète des chefs d'accusations aux défendeurs, le droit à une représentation légale et le droit à une défense.

samedi 9 octobre 2010

IFJ Calls for Immediate Release of Ailing Tunisian Journalist


08 October 2010

IFJ Calls for Immediate Release of Ailing Tunisian Journalist

The International Federation of Journalists (IFJ) today expressed its grave concern over the well-being of Tunisian journalist Fahem Boukaddous and urged his immediate release. Boukaddous, whose health has sharply deteriorated in prison, is serving a four year jail term following his conviction in March for "forming a criminal association liable to attack persons".

"We are very concerned about Boukaddous who needs urgent medical treatment unavailable to him in prison," said Aidan White, IFJ General Secretary. "Boukaddous has already been denied his freedom as punishment for his independent journalism. Without immediate action his long term health is under threat."

According to family sources, Boukaddous, correspondent for the satellite channel ‘Tunisian Dialogue' has difficulties breathing and speaking and his asthma attacks have increased. The family has also complained of police harassment who monitor their movements and keep an intimidating watch near the family home and commercial premises.

The journalist was sentenced to four years in January and his conviction was upheld by a Court of Appeal in July. He was prosecuted following his reporting of public demonstrations against unemployment and corruption in the mining town of Gafsa in 2008.

In a show of solidarity, leaders of the syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), an IFJ affiliate, organised a demonstration outside the Gafsa prison where Boukaddous is detained on 18 September but the police stopped the gathering and turned away demonstrators.

The IFJ is also calling on the European Parliament to help secure the release of Boukaddous. The Parliament held a hearing on the situation of human rights in Tunisia during its January session in Strasbourg.

"We look to European Union institutions to leverage their pressure to save the journalist's life," added White. "But they need to act fast as his life is in danger."

According to the IFJ, the authorities continue to use the courts as a means of repression against journalists as the case of journalist Mouldi Zouabi demonstrated this week. The journalist of Radio Kalima has been remanded in custody since July in a case where he is the victim of an assault by a man who attacked him in April. Police decided not to charge the aggressor, claiming insufficient evidence. Instead, they are accusing Zouabi of violent behavior and actual bodily harm. The case was sent to a higher court on 6 October, exposing the journalist to up to two years in jail. His lawyers have resigned to protest multiple breaches of due process.

For more information, please contact IFJ on + 32 2 235 22 07 begin_of_the_skype_highlighting + 32 2 235 22 07 end_of_the_skype_highlighting

The IFJ represents more than 600.000 journalists in 125 countries


NB/ You are reading the 77th Edition of the "Tunisian Journalist" Blog.

The last Edition was illegally censored in Tunisia.

mercredi 7 juillet 2010

IFJ Condemns Tunisian Court Rejection of Journalist Appeal









07 July 2010


IFJ Condemns Tunisian Court Rejection of Journalist Appeal





The International Federation of Journalists (IFJ) today condemned a Tunisian court’s decision to uphold the conviction and four year prison sentence for Fahem Boukaddous for "forming a criminal association liable to attack persons".



Boukaddous was charged after covering public demonstrations against unemployment and corruption in the mining region of Gafsa in 2008 for satellite channel ‘Tunisian Dialogue’.



“Fahem’s conviction was a gross miscarriage of justice, which this court has refused to correct,” said Aidan White, IFJ General Secretary. “He has been victimised by a government that is intolerant of criticism and dissent.”



Boukaddous was unable to attend the trial as he was admitted to hospital for treatment to a severe asthma condition. According to Ridha Raddaoui, his lawyer, the court refused to allow the defence team to present their case.



Boukaddous was first convicted on 13th January 2010 after several months in hiding while his co-accused were first sentenced to four years and then later released on a presidential pardon.



The IFJ condemned the ruling and accused the Tunisian authorities of waging a campaign of vilification and intimidation targeting independent journalists, including such means as arbitrary arrests and sham trials.



Representatives from the Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) attended the previous trials on behalf of the IFJ and the Federation of Africa Journalists where they strongly condemned the verdict.



The IFJ is particularly concerned that Boukaddous would not survive a prison term given the critical state of his health and his urgent need for proper medical care.




For more information contact the IFJ at +32 2 235 2207

The IFJ represents over 600,000 journalists in 125 countries worldwide

lundi 21 juin 2010

Confédération Syndicale Internationale: Rapport annuel des violations des droits syndicaux 2010 en Tunisie

Vous êtes en train de consulter la 63ème édition de ce blog, suite à la censure de la 62ème illégalement en Tunisie.


Tunisie

Population : 10.200.000
/ Capitale : Tunis
Conventions fondamentales de l’OIT ratifiées : 29 - 87 - 98 - 100 - 105 - 111 - 138 - 182

Gros Plan sur Nejiba Hamrouni (Tunisie-SNJT)
Les militants du syndicat des journalistes ont été harcelés à d’innombrables reprises. Les peines très lourdes infligées aux syndicalistes et aux ouvriers de Gafsa ont été globalement confirmées en février, les 38 personnes emprisonnées ont été remises en liberté conditionnelle en novembre.







Droits syndicaux dans la législation

Bien que les droits syndicaux soient garantis, une série de restrictions sont d’application. Le droit de se syndiquer et de former des syndicats est inscrit dans le Code du travail et, contrairement à ce qui se passe pour les associations, aucune autorisation préalable n’est requise pour créer un syndicat. Toutefois, les ressortissants étrangers doivent recevoir préalablement l’aval des autorités pour exercer des fonctions syndicales. Les salaires et les conditions de travail sont fixés lors de négociations qui ont lieu tous les trois ans entre les syndicats et les employeurs après que des orientations générales aient été arrêtées dans des consultations tripartites nationales.

Bien que le droit de grève soit garanti, toutes les grèves doivent être approuvées par la centrale syndicale nationale, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui restreint indûment les activités des syndicats de premier échelon. Les syndicats doivent aussi annoncer préalablement la durée de la grève. En outre, les travailleurs qui participent à une grève illégale s’exposent à de longues peines d’emprisonnement pouvant aller de trois à huit mois.

Droits syndicaux dans la pratique et violations en 2009

Contexte :
La répression de toutes formes de contestation s’est encore accentuée depuis les élections d’octobre remportées avec près de 90% des suffrages exprimés par Zine El Abidine Ben Ali dont c’est le cinquième mandat présidentiel. Le développement économique du pays est mis à mal par la crise mondiale et la hausse du chômage.
Lourdes peines confirmées contre les "meneurs" de Gafsa : Le 4 février, une cour d’appel a confirmé les condamnations prononcées contre des ouvriers et des syndicalistes en décembre 2008 dans le dossier Gafsa. Trente-huit personnes accusées d’avoir mené les manifestations dans le bassin minier de Gafsa de janvier à juin 2008 qui avaient été réprimées dans le sang par les forces de sécurité (voir édition 2009 du Rapport) étaient jugées en appel. La plupart des peines ont été réduites, notamment celles infligées à Adnan Hajji et à Bechir Laabidi, deux dirigeants syndicaux de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) qui sont passées de dix à huit ans de prison. Mais cinq des personnes qui avaient été remises en liberté à l’issue du procès en première instance ont été condamnées à la suite d’un recours de l’accusation. Selon Amnesty international et plusieurs observateurs crédibles qui y ont assisté, le procès en appel n’a pas été équitable. Parmi les 38 personnes jugées, plusieurs ont subi des tortures et d’autres traitements inhumains. Début novembre, ils ont tous été remis en liberté conditionnelle dans le cadre d’une grâce présidentielle à l’occasion du 22e anniversaire de l’accession au pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali.

Nombreuses tentatives du pouvoir de museler le syndicat des journalistes :
Le 4 mai, la publication d’un rapport sur la liberté de la presse en Tunisie par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), créé en 2008, a déclenché des attaques généralisées contre ce nouveau syndicat par les partisans du gouvernement. Le document dénonçait notamment l’injustice dont étaient victimes des centaines de journalistes de la radio et de la télévision nationales en grève en janvier après le refus du gouvernement d’accéder à leurs revendications. Quelques jours après la sortie du rapport, des membres de médias pro-gouvernementaux ont orchestré une campagne contre le SNJT. La démission de plusieurs membres du bureau exécutif favorables au pouvoir a entraîné sa dissolution et la nomination "officielle" mais entachée d’irrégularités d’un nouveau bureau ouvertement favorable au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président Ben Ali. Le 8 septembre, la police a expulsé des membres du SNJT qui se trouvaient dans le local du syndicat et a empêché d’autres journalistes d’y accéder, notamment Neji Bghouri, le président légitime du SNJT. Plusieurs autres militants du syndicat ont, ensuite, fait l’objet de menaces et de brimades diverses par leurs employeurs, par les autorités ou par des inconnus. Le 8 octobre, à l’aéroport, de retour de Jordanie où s’était tenue une conférence de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Neji Bghbouri, Néjiba Hamrouni et Zied El Heni ont dû subir un contrôle très long et la confiscation de documents. Le 15 octobre, Hanène Belaïfa, journaliste pigiste à Radio Jeunes militante de la SNJT se battant notamment pour la défense des agents temporaires de l’audiovisuel, s’est vue interdire l’accès de la chaîne. Le 16, Zied El Heni a été tabassé par des inconnus sur une place publique à Carthage et son blog piraté. Le 3 novembre, Sihem Bensedrine, journaliste et militante des droits de l’homme, a été frappée par des policiers qui l’empêchaient d’assister au procès d’un confrère. Le 30 décembre, des policiers en civil ont tenté d’empêcher Neji Bghbouri d’entrer dans son bureau au quotidien Assahafa, sous prétexte qu’ils avaient reçu des ordres du ministère de l’Intérieur. L’intervention de plusieurs collègues et de passants a fait échouer ce dernier acte de harcèlement de l’année sur un syndicaliste de la presse (voir aussi édition 2009 du Rapport pour des informations sur la naissance du SNJT).

Antisyndicalisme dans une filiale de Nestlé :
Après l’élection, en juin, de Habib Ben Aifa comme secrétaire général du Syndicat de Nestlé Tunisie (affilié à la Fédération générale de l’alimentation et du tourisme (FGAT)), la direction de cette société a cherché à nuire à son employé, délégué commercial depuis 20 ans, promu chef des ventes de Nestlé Nutrition par la suite. Un "vérificateur" a été envoyé chez les clients visités par Habib Ben Aifa en sollicitant des plaintes, ce qui n’a donné aucun résultat. En septembre, le syndicaliste a été démis de son poste pour chute des ventes et il a été assigné à une fonction requérant "une présence assidue au bureau". Pour le syndicat, il s’agit de représailles liées au militantisme de Habib Ben Aifa dans le cadre de la vente négociée dans le secret d’une usine de crème glacée appartenant au groupe Nestlé. En décembre, le personnel de l’usine a mené deux grèves après avoir été informé que leur usine avait été vendue. Cependant, aucune négociation n’a eu lieu entre le syndicat et la direction sur l’avenir des 105 travailleurs/euses, et le dirigeant syndical n’a pas pu réintégrer son ancien poste.

Syndicalistes harcelés chez Leoni :
Lors d’une réunion de coordination, organisé par la Fédération syndicale internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), les 18 et 19 novembre à Tunis entre syndicalistes des unités de production du groupe Leoni au Maroc et en Tunisie, ceux-ci ont dénoncé les violations des droits fondamentaux du travail, et le taux extrêmement élevé d’emplois précaires (70% de la main-d’œuvre). Selon les participants, bien qu’un accord-cadre international (connu sous le nom de Déclaration des droits syndicaux) ait été signé par Leoni en 2003, les employeurs ne montraient aucun signe de respect pour les activités syndicales et que les délégués du personnel faisaient l’objet de toutes sortes d’actes d’intimidation. Ainsi, une procédure judiciaire arbitraire a été lancée chez Leoni Mateur Sud, une unité tunisienne du groupe, à l’encontre du secrétaire général du syndicat affilié à la Fédération générale de la métallurgie et de l’électronique (FGME-UGTT).

Discrimination dans l’enseignement supérieur :
La reconnaissance officielle de la Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (FGESRS) comme organisation légitime de ce secteur n’a toujours pas été accordée par les autorités. Selon le FGESRS, la lenteur de la justice à se prononcer répond à une stratégie des autorités destinée à faire croire à l’existence d’une crise de la représentation syndicale au sein du secteur. En pratique toutefois, la FGESRS a été souvent consultée et associée dans le dialogue social, notamment dans la conclusion en 2009 de trois conventions collectives. La FGESRS est affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).

http://www.ituc-csi.org/rapport-annuel-de-la-csi.html?lang=en


vendredi 28 mai 2010

Congrès de la FIJ en Andalousie: Soutien unanime à un congrès consensuel pour le SNJT en décembre 2010


Motion urgente 13

Proposée par : Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)

Le congrès de la Fédération Internationale des Journalistes tenu à Cadix en Espagne du 25 au 28 mai 2010 ;

Apporte son soutien à l’unité du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et à son indépendance,

Salue hautement le courage des journalistes tunisiens engagés dans le combat de la liberté de la presse,

Appuie la décision des confrères tunisiens d’organiser un congrès consensuel en décembre 2010, en vue de renforcer les capacités des journalistes tunisiens et leur solidarité, pour faire face aux défis de l’avenir,

Insiste sur le fait que seul un syndicat indépendant, uni et fort peut défendre les intérêts des journalistes, la liberté de la presse et la promotion d’un journalisme de qualité qui respecte l’éthique professionnelle,

Charge le Secrétaire Général de la FIJ d’accompagner les confrères tunisiens dans le processus d’organisation de leur congrès consensuel en décembre 2010, pour qu’il se déroule dans les meilleures conditions.

Pour le SNJT :

Jamel Karmeoui Néji Bghouri

Chokri Ben Nsir Zied El-Heni